Architecture

Le bâtiment, de plan rectangulaire, se compose d’un rez-de-chaussée sur sous-sol voûté, d’un étage-carré et d’un étage-attique, couvert d’un toit à deux versants ; deux corps en avancée, faisant fonction de cages d’escalier, créent une dissymétrie sur la façade Est : Dulac retrouve là un procédé, inspiré des principes de Viollet-le-Duc, qu’il avait expérimenté dans l’un de ses premiers projets non exécuté (Bissy-sur-Fley, 1869).

Malgré l’absence de perspective, la monumentalité de l’édifice s’exprime surtout par l’usage de la pierre (Calcaire de Fontaines) : assises de moellons équarris serties entre les éléments structuraux en pierre de taille. Cette dernière fait l’objet d’un soin particulier notamment pour les piédroits et meneaux des baies, les claveaux des linteaux de la porte centrale, de l’imposte et du fronton qui la couronne, les corbeaux de la corniche, les dalles à crochets et les crossettes de pignon, les têtes de cheminées. Seuls les arcs de décharge en brique apportent une touche colorée.

Le soin apporté à l’appareil et l’emploi d’un vocabulaire emprunté au style néo-gothique ont valu aux façades et aux couvertures d’être inscrites à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques (15 mai 1991).

élévation de la façade ouest.[Archives de l’architecte]

élévation et coupe de la façade sud [Archives de l’architecte]

L’enveloppe extérieure, notamment la symétrie rigoureuse exprimée dans la façade principale, traduit bien les dispositions intérieures : deux classes aux premiers niveaux de part et d’autre d’espaces à usage de préau couvert ; l’étage-attique réservé aux logements ; l’ensemble desservi par deux escaliers respectant la division des services (privé et scolaire). Les intérieurs ont conservé les principes constructifs d’origine : arc surbaissé et profils moulurés des supports ; solives placées sur l’arête, baies avec système à crémaillère. La dernière décennie du 19e siècle a vu l’aménagement de classes dans les préaux, puis la création en appendice d’une 7e classe (1908).

L’ancienne école de filles, à l’angle des rues Carnot et Eugène Potier, présentait des dispositions identiques à celle des garçons, symétriquement inversées.