Vocation ou opportunisme ?

Dulac a-t-il eu vocation de bâtisseur d’écoles ? Rien n’est moins sûr, quand on voit ses premiers dessins pour des bâtiments publics, plus proches du manoir anglais que des plans-modèles scolaires. Il a surtout bénéficié d’une conjoncture très favorable. Amorcée lentement sous la Monarchie de Juillet, nettement favorisée par le Second-Empire, la construction d’écoles connaît un véritable élan à partir de la loi du 1er juillet 1878 qui crée un fonds spécial à destination des communes, désormais tenues d’être propriétaires de leur maison d’école.
Or, Dulac, dont la carrière politique démarre vraiment en 1871 avec son élection au Conseil général, adhère à l’idéologie rationaliste républicaine : c’est par la Raison, donc par l’Instruction, que l’on pourra asseoir durablement la République.
LA MAISON D’ECOLE DEVIENT ALORS AU COEUR DE CHAQUE COMMUNE UN SYMBOLE DE L’IDEAL REPUBLICAIN.
Le canton de Buxy, dont Dulac est le Conseiller général, constitue d’abord le terrain privilégié de son activité d’architecte.
Ses relations politiques et sa réputation professionnelle vont élargir son rayon d’action en Saône-et-Loire, malgré la concurrence des architectes officiels du département et de ses nombreux confrères libéraux.
Il intervient dans des communes apparemment acquises à la cause républicaine, mais la construction de l’école reste souvent au cœur des luttes politiques locales et devient parfois un enjeu électoral (Montceau-les-Mines, Ecuisses, Tramayes, Le Puley). En même temps qu’il doit subir des attaques personnelles, certains de ses projets échouent ou risquent d’être compromis pour des raisons politiques (Genouilly, Joncy). Cependant, son intégrité morale ne semble pouvoir être mise en cause en aucun cas.