Les projets

« En architecture, […] il y a deux façons nécessaires d’être vrai. Il faut être vrai selon le programme, vrai selon les procédés de construction. Etre vrai selon le programme, c’est remplir exactement, scrupuleusement les conditions imposées par un besoin. Etre vrai selon les procédés de construction, c’est employer les matériaux suivant leurs qualités et leurs propriétés. Ce que l’on considère comme des questions purement d’art, savoir la symétrie, la forme apparente, ne sont que des conditions secondaires en présence de ces principes dominants. »

Viollet-le-Duc, Entretiens, X, 1863

Dès qu’il a été sollicité, Dulac prépare un projet qu’il vient parfois lui-même présenter au Conseil municipal, puis le modifie selon le terrain, le programme et le budget imposés, quand ce n’est pas par un changement de municipalité. Il ne se plie toutefois pas à toutes les fantaisies, refusant, avec des arguments techniques, le projet ou les modifications qu’on veut lui imposer. De même, dans le rapport qui accompagne le projet soumis à l’administration, il fait part des options qu’il a dû abandonner à regret.
Dulac ne ménage pas ses efforts pour faire aboutir ou accélérer le dossier, auprès du préfet notamment, avec lequel il a des contacts réguliers en tant qu’élu départemental, plus tard jusqu’au ministère quand il devient sénateur (1892).
En général approuvé sans réserve par ses pairs du Conseil des Bâtiments civils, le projet est parfois contesté par le ministère (Moroges, Messey, Montceau-les-Mines, Saint-Martin-en-Bresse), sur la foi des rapports de l’inspection académique.
Patiemment, Dulac justifie ses choix constructifs, mais consent éventuellement à réduire la dépense ou à réviser ses prix. Il n’en garde pas moins une certaine méfiance vis-à-vis de ceux qu’il appelle « les Académiciens ». Il n’en est pas moins attentif à se conformer toujours aux règlements et procédures légales, reprenant au besoin un projet pour lui appliquer les nouvelles normes.