1768 : visite de Gabriel Jars (ingénieur et correspondant de l’Académie des Sciences) aux mines de Montcenis. Jars se rend compte de l’intérêt du gisement de la Charbonnière et montre à F. de la Chaise comment transformer le charbon en coke, comme il l’a vu faire en Angleterre. Jars est le premier à émettre l’idée d’installer dans la vallée des Riaux, riche en charbon, des manufactures « pouvant être reliées par route à Chalon sur la Saône et à l’Arroux qui se jette dans la Loire ».

1769 : François de la Chaise obtient la concession des mines de houille de la baronnie de Montcenis, dont le charbon, analysé par Guyton de Morveau, est reconnu d’excellente qualité.

1781 : visite de Wilkinson, de Wendel et Toufaire à Montcenis. Ces derniers recherchent un site favorable à l’établissement d’une fonderie au coke. Le Ministre de la Marine décide d’implanter une usine à l’anglaise au Creusot, alors simple hameau de Montcenis. Arrivée des premiers terrassiers en provenance d’Auvergne.

1782 : début du chantier de construction de la fonderie située dans la Plaine des Riaux. Constitution, sous la raison sociale « Perier, Bettinger et Cie », d’une société pour l’exploitation de la Fonderie Royale d’Indret et de celle que l’on crée au Creusot.

1785 : mise à feu du 1er haut fourneau au coke.

1786 : transformation de la société « Perier, Bettinger et Cie » en société par actions « Fonderies Royales d’Indret et de Montcenis et Manufacture des Cristaux de la Reine ».

1787 : visite de Monge, Lavoisier, Berthollet - fabrication de conduites d’eau.

1788 : première fabrication de canons en fonte.

1794 : réquisition de la Fonderie par le Comité de salut public.

1796 : la Fonderie est rendue à ses propriétaires : Coste, Caylus et Gévaudan.

1806 : la Cristallerie devient la « Manufacture de Cristaux de Leurs Majestés Impériales et Royales »

1810 : la fonderie du Creusot réalise la charpente de la halle au blé de Paris, ainsi que la fontaine de Bondy.

1814 : faillite de la Fonderie.

1818 : Jean-François Chagot, principal créancier de la fonderie, devient propriétaire de la Fonderie et de la Cristallerie.

1826 : les industriels anglais Manby et Wilson rachètent à Mme Vve Chagot les établissements du Creusot. Construction de la cité de la Combe des mineurs.

1827 : agrandissement des ateliers de l’ancienne fonderie : construction d’une forge à l’anglaise, reconstruction des 4 hauts fourneaux. Les usines du Creusot fournissent les rails du premier chemin de fer français (Saint-Etienne-Andrézieux).
Construction d’une grande forge à laminoirs, extension des houillères à Montchanin - fabrication du 1er rail français.

1832 : Baccarat et Saint-Louis rachètent et ferment la Cristallerie

1833 : faillite de Manby et Wilson

1836 : rachat des forges du Creusot par E. et A. Schneider, Boigues (beau-père d’Adolphe et maître de forge à Fourchambault) et F. Seillière - création de la société Schneider Frères et Cie

1837 : création des premières écoles communales et industrielles.
Installation d’une voie ferrée reliant Le Creusot au canal du Centre.

1838 : les Etablissements Schneider fournissent leurs premières locomotives pour le chemin de fer de Paris à Versailles.
Création de la caisse de secours et de prévoyance.

1839 : ouverture des chantiers de construction de bateaux à vapeur à Chalon-sur-Saône. Liaison complète par voie ferrée (traction animale) entre les ateliers du Creusot et le canal du Centre.

1840 : livraisons de locomotives pour l’Italie (1ère exportation). fabrications de moteurs marins.

forgeage au marteau-pilon vers 1860

1841 : marteau-pilon à vapeur de François Bourdon.
Agrandissement de la forge à l’anglaise pour y installer de nouveaux laminoirs. Modernisation de l’équipement des ateliers de construction. Installation de machines-outils fabriquées sur place. Fourniture de moteurs pour la Marine Royale.

1842 : installation d’une usine de produits réfractaires à Perreuil, près du Creusot.

1845 : après le décès d’Adolphe Schneider, la société devient « MM. Schneider et Cie » (elle le restera jusqu’en 1949). Construction d’un cinquième haut fourneau au coke. Construction de « casernes » de logement ouvrier et d’un premier hôpital.

Le Creusot en 1847

1848 : grèves. François Bourdon député lamartinien. Construction de l’église Saint-Laurent et première dénomination des rues de la ville.

1849 : construction de nouveaux hauts fourneaux et de nouveaux fours à coke. Destruction de la halle de coulée de la Fonderie Royale.

1850 : grève des mineurs. Construction de nouveaux ateliers de montage des locomotives.

1853 : urbanisation du quartier du Guide.

1853 : exploitation des mines de fer de Mazenay (Saône-et-Loire). Début de la fabrication de ponts et de charpentes métalliques à Chalon-sur-Saône.

1855 : mise au point des plaques de blindage pour batteries flottantes et construction de moteurs marins (guerre de Crimée).

1856 : pétition pour que la ville prenne le nom de Schneiderville. Agrandissement de la commune sur le territoire des communes voisines.

1857 : production de locomotives pour l’Espagne (253 machines fournies jusqu’en 1922) et pour la Russie (366 machines fournies jusqu’en 1875)

1857-1860 : production de charpentes métalliques pour l’Espagne, l’Italie, la Suisse

1858 : Sully Prudhomme employé à la direction des usines

1860 : cité ouvrière « les Pompiers » (10 maisons à 4 logements)

1860-1870 : production de ponts métalliques pour l’Algérie, l’Autriche, le Brésil, la Cochinchine, l’Espagne, la Russie

1861 : suite au traité de commerce signé entre la France et l’Angleterre, les usines du Creusot s’agrandissent d’une immense forge à laminoirs. L’usine sort alors du site de la Plaine des Riaux, où l’on établit les puits Saint-Pierre et Saint-Paul.

1862 : urbanisation du quartier Saint-Charles.

1862-1870 : production de charpentes métalliques pour le Brésil, la Cochinchine et l’Espagne

1863 : mise en marche de la Grande forge. Création du Cercle des employés. Urbanisation du quartier de la Molette. Construction d’un nouvel hôpital.

1865 : construction de la cité à maisons individuelles de la Villedieu. construction de l’église Saint-Charles et du « Château » de la Couronne.
Les Etablissements Schneider vendent 15 locomotives à la compagnie anglaise « Great Eastern Railways et Cie ».

1867 : pavillon Schneider à l’Exposition universelle de Paris. 14 hauts fourneaux en fonction. Construction des premières cheminées en tôle. Ouverture de la voie ferrée Chagny-Nevers passant par Le Creusot . Production de locomotives pour la Belgique, la Tchécoslovaquie.

1869 : exploitation des Houillères de Decize-La Machine (Nièvre) et de Longpendu à Montchanin près du Creusot. contruction de la charpente métallique de la gare d’Orléans (Paris)

1870 : grèves pour la gérance de la caisse de secours - Courbet organise une exposition pour les femmes du Creusot . Début de production d’artillerie. Construction d’un groupe de convertisseurs Bessemer. Arrêt du puddlage et démolition de l’ancienne forge de Manby et Wilson.
Construction d’une cité minière et d’écoles à Montchanin.

1871 : Jean-Baptiste Dumay devient maire. Commune du Creusot (3 jours). Emile Cheysson est directeur des usines. Réduction de la journée de travail à 10 heures.

1871-1879 : production de ponts métalliques pour l’Espagne, la Russie, la Suisse, la Réunion et production de charpentes métalliques pour l’Égypte et la Turquie.

1872 : extension de la cité Villedieu (20 maisons). Achat des Houillères de Brassac (Puy-de-Dôme).

1873 : construction de 6 fours Martin en remplacement des fours de 1867.
installation d’une caserne d’infanterie au Creusot. Ouverture des écoles de la Croix-Menée.

1873 : achat des Houillères de Beaubrun et Montaud (Loire) et des mines de fer de Saint-Georges (Savoie). Construction de la cité Sainte-Eudoxie et d’écoles à La Machine. Achat des mines de fer d’Allevard (Isère).

1874 : construction d’un troisième groupe de convertisseurs Bessemer. Sept puits de mine sont en exploitation. construction d’une cité ouvrière à Montchanin.

1875 : construction du quartier Croix-Menée et de la cité Saint-Eugène (121 maisons individuelles). Fabrication de blindages en acier. Dérivation des eaux du Rançon pour l’alimentation de l’usine et de la ville.

1875 : achat des mines de fer d’Aiguebelle (Savoie).

1876 : marteau-pilon de 100 tonnes. Mise au point du puddlage mécanique à fours rotatifs.

1877 : création de la caisse de retraite.

1878 : pavillon Schneider à l’Exposition universelle de Paris. Locomotive compound de Mallet. Urbanisation du quartier Saint-Henri.

1879 : Ferdinand de Lesseps inaugure la statue d’Eugène Schneider. Production d’acier Bessemer basique.

1879-1889 : construction de ponts métalliques pour l’Argentine, l’Algérie, la Guadeloupe et le Sénégal.

1881 : passage de Guy de Maupassant au Creusot.
Production de locomotives pour l’Argentine. Fabrication de blindage pour la marine française.

1882 : les écoles primaires sont remises à la municipalité. Prise de participation dans les Chantiers et Ateliers de la Gironde. Essai de blindage par la marine italienne à La Spezia.

1883 : construction de l’église Saint-Henri et ouverture des écoles spéciales.

1887 : installation provisoire d’une fonderie d’acier dans les halles des « Bessemer ».
Exploitation des mines de fer de Droitaumont. Fabrication des premiers torpilleurs.
Construction de la maison de retraite Saint-Henri, d’école et de la maison de retraite protestante.

1888 : construction d’ateliers d’artillerie et de mécanique

1889 : mise en marche d’une nouvelle soufflerie de type « Corliss » pour les hauts fourneaux. mise au point des aciers au nickel. Aménagement d’unpolygone de tir à Harfleur.

1890 : essais de blindages Schneider par la marine américaine à Annapolis.

1890-1901 : construction de ponts métalliques pour le Chili, la Chine, la Roumanie, le Tonkin et la Martinique.

1892 : construction d’un atelier spécial pour la fonderie d’acier.

1894 : inauguration de l’hôtel-Dieu. Ouverture de l’école publique des Moineaux. Percement d’un tunnel reliant les aciéries aux ateliers des bandages.

1895 : début de l’électrification des ateliers. Utilisation des presses hydrauliques.

1896 : construction de la charpente de la gare de Santiago du Chili.

1897 : parc de loisirs pour employés. Fabrication du canon de 75.

1897 : atelier d’artillerie du Havre et aménagement du polygone de tir du Hoc.

1898 : construction de la charpente du pont Alexandre-III à Paris.

1899 : grèves (salaires, libertés syndicales et politiques). Création du syndicat « jaune » et institution de délégués d’atelier.

1899 : construction du port du Havre. La branche travaux publics du groupe Schneider réalise les ports de Rosario (Argentine), Casablanca et Safi (Maroc), Reval (Tallin en Estonie), Helsinki et Bordeaux.

1900 : Eugène (II) Schneider remporte les élections municipales. Pavillon Schneider à l’Exposition universelle de Paris 1900. Départ de 1500 grévistes du Creusot. fabrication de la première locomotive électrique d’essai. Arrêt de l’exploitation des puits Saint-Pierre et Saint-Paul. (3 puits restent en activité).

1901 : aménagement du parc de loisirs pour ouvriers à Montporcher.

1902 : construction de l’actuel hôtel de ville.

1903 : installation des ateliers d’électricité à Champagne-sur-Seine.

1905 : début des travaux de réfection de la Verrerie et du parc dessiné par A. Duchêne (jusqu’en 1910). Construction de la cité Saint-Sauveur (pour employés).
Production des premiers sous-marins (ateliers de Chalon-sur-Saône) et de locomotives pour la Chine.

1906 : ouverture des écoles ménagères.

1907 : construction du temple protestant. Construction de la cité ouvrière "Mayville" à Harfleur. Création de la Direction des travaux publics. Aménagement des ports de Bahia et de Para (Brésil).

1908 : construction d’installations électriques (station centrale et sous-stations).
Ouverture de la maison de famille (orphelinat).

1908 : ouverture d’écoles à Harfleur. Construction de la cité ouvrière de Champagne-sur-Seine

1909 : extension cité ouvrière Saint-Eugène (38 maisons individuelles).

1910 : construction d’une nouvelle Direction de l’usine au Creusot.

1910 : construction de la cité ouvrière des mines de Droitaumont. Mise en service de la base d’essai des torpilles à Saint-Mandrier près de Toulon. fabrication de locomotive électrique pour le réseau du Midi.

1911 : construction de salle Saint-Quentin (salle des fêtes).

1911 : extension de la cité ouvrière Mayville à Harfleur et de la cité de Champagne-sur-Seine. Ouverture d’ écoles de Droitaumont.

1912 : construction de l’église Saint-Eugène

1913 : début de la construction de l’usine du Breuil.

1914 : production d’artillerie.

1916 : production de chars d’assaut - début d’accord avec la Société Poutilov (Russie). Démolition de la grande cheminée de 70 m.

1917 : projet de dirigeable Schneider

1918 : construction de ports dans l’Empire français et en Europe orientale

1919 : démolition des ateliers des forges à mains. Arrêt de la cokerie au Creusot, remplacée par celle de Montchanin. Projet de monuments aux morts par Bouchard et Bartholomé. Construction de la cité ouvrière de la Mouillelongue.

1919 : usine Henri-Paul Schneider à Montchanin. Participation à la construction de centrales et de barrages en France et au Maroc (jusqu’en 1939).

1920 : ouverture de la maternité Saint-Sauveur.

1920 : fabrication de locomotives pour l’Algérie (77 machines fournies jusqu’en 1929)

1921 : Le Creusot compte 38 000 habitants. construction de nouvelles écoles Schneider rue Clemenceau.

1921 : construction d ela cité ouvrière de Saint-Laurent-d’Andenay (près de la fonderie H.P. Schneider à Montchanin)

1922 : l’opposition politique se substitue au mouvement ouvrier local

1923 : construction de 44 maisons de cités ouvrières rues Jouffroy, du Transvaal et Lapérouse

1923 : équipement de poudrerie et de raffinerie de pétrole (jusqu’en 1939)

1924 : Paul Faure (socialiste) député du Creusot

1925 : Paul Faure maire du Creusot . Construction du lycée et d’une école publique rue Jouffroy. Changement de nom des rues pour célébrer des hommes politiques socialistes.

1925 : alimentation électrique des ateliers de Montchanin et du Creusot depuis le barrage de Chancy-Pougny à la frontière franco-suisse.

1929 : Victor Bataille (candidat de l’usine) reprend la mairie.

1930 : édification du monument aux morts de la guerre de 1914-1918.

1934 : fabrication de locomotives Diesel-électriques.

1935 : aménagement de port à Madagascar

1935 : arrêt des hauts fourneaux. Construction des écoles publiques " groupe de l’est"

1936 : aucun jour de grève.

1937 : nationalisation des ateliers d’artillerie et des industries d’armement . Les usines du Havre et de La-Londe-des-Maures sont transformées en arsenaux d’État.

1940 : occupation du Creusot par l’armée allemande le 18 juin.

1942 : bombardement du Creusot par l’aviation anglaise

1943 : 2e bombardement du Creusot par l’aviation alliée. Arrêt des houillères.

1944 : libération du Creusot

1945 : début de la reconstruction du Creusot.

1947 : reconstruction église Saint-Eugène.

1948 : construction des cités Jean et Françoise Schneider.

1949 : création de la Société des forges et ateliers du Creusot (S.F.A.C.). Schneider et Cie devient une holding. Ouverture de la maison des Anciens rue Jean-Jaurès.

1949 : les usines La Chaléassière (Saint-Étienne) et Anzin entrent dans le cadre de la S.F.A.C.

1951 : production des dernières locomotives à vapeur Creusot (22 machines pour le Brésil)

1953 : arrêt de l’utilisation de la voie ferrée d’accès aux crassiers. Ouverture de la maison des Anciens à Saint-Henri.

1954 : construction du réacteur de la centrale nucléaire de Marcoule.

1955 : construction du nouvel hôtel des Postes. Mise en service des aciéries électriques. Création à Taubate (Brésil) de la société Mecanica Pesada.
Record du monde de vitesse sur rail par la locomotive électrique BB 9004.

1957 : ouverture de la maison d’accueil des célibataires. Arrêt des productions navales des chantiers de Chalon-sur-Saône.

1958 : création de Framatome. Construction de le chapelle Notre-Dame-du-Travail.
Production de 18 locomotives électriques pour l’URSS et de 15 pour le Portugal.

1959 : visite du général de Gaulle, président de la République.

1960 : construction des H.L.M. du parc de la Verrerie. Visite de Khrouchtchev.
Production de 11 locomotives électriques pour la Chine.

1970 : la S.F.A.C. et la Compagnie des Ateliers et Forges de la Loire fusionnent pour former « Creusot-Loire ».

1975 : construction des bâtiments de l’Institut Universitaire de Technologie.

1976 : le plus ancien atelier de la Plaine des Riaux, la halle des « grues et locos », est inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

1981 : démolition de l’aciérie de la Plaine des Riaux.

1984 : dépôt de bilan de « Creusot-Loire ».

1985 : la communauté urbaine devient propriétaire de la plus grande partie de la Plaine des Riaux. Démolition des anciens ateliers. Pose de la 1re pierre de l’usine SNECMA.

1987 : début de l’aménagement de la friche des hauts fourneaux. Inauguration de l’avenue de l’Europe, et de l’usine SNECMA par M. F. Mitterrand, président de la République.